Les Baleinières du Fleuve Congo

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Les Baleinières du Fleuve Congo, par Patrick Féron

Le Citim invite Patrick Féron, capitaine de la marine de commerce à nous présenter le parcours qui l’a amené à élaborer un programme de renforcement des capacités des constructeurs des baleinières du Fleuve Congo.

Les « projets » de développement sont des aventures qui nécessitent du cœur, de la passion, des compétences, de la curiosité, des amis avec qui faire des alliances, et surtout, beaucoup de temps. Nous pensons que celle que vous présentera Patrick Féron possède ces qualités. Ceux qui se questionnent sur les conditions de réalisation d’un « projet » auront là un occasion d’échanger à ce propos.

Nous avons un autre motif de satisfaction d’écouter Patrick nous conter l’histoire du périple de la baleinière à travers les siècles et le monde. Cette baleinière dont un avatar navigue sur le Congo illustre l’éternelle migration des hommes et la force de la diffusion des idées. Nous la voyons comme un exemple de mutation des objets, de métissage des connaissances et de mélange des mots des peuples. Son histoire nous montre la puissance des moments de création quand la transmission est possible, et l’aliénation générée par les situations de désastre qui contribuent au repli, à la peur et à la déperdition des savoirs.

Patrick nous parlera en marin d’un moment historique auquel il participe, quand des fraternités se forment par delà les frontières pour relancer le processus de vie et faire à nouveau s’échanger les idées.

Patrick Féron, Normand, capitaine de marine marchande, a vécu en 2006, sur le fleuve Congo, un événement, une rencontre, qui a, en quelque sorte, modifié le cours de sa vie. Ce Normand de Coutainville, passionné de voile, de bateaux en bois et d’ethnographie a découvert sur le fleuve Congo, à l’occasion d’une mission de formation des personnels naviguants, des flottilles d’embarcations à fond plat, des chalands, appelés "baleinières".

Il voit là un phénomène unique qui l’intrigue : comment cette embarcation s’est-elle implantée sur le fleuve Congo sous le nom de baleinière. Pourquoi cette technique de construction insolite dans cette région du monde ?

Et il constate le nombre important d’accidents causés par la médiocre qualité de leur construction.
Il étudie le sujet, se fait alors apprenti baleinier et historien.

Il nous fera remonter le cours du temps pour comprendre comment la baleinière, née au pays Basque, a évolué au fil des rencontres, des circonstances de l’Histoire, et des besoins des pêcheurs, en un périple de plusieurs siècles d’Europe en Amérique, jusqu’aux fleuves Sénégal et Niger, bassins porteurs d’une mémoire fluviale franco-africaine oubliée.

Ces embarcations, quoique assez dangereuses, ont été un moyen de transport privilégié des denrées et des matériels qui ont permis aux habitants de la zone de pouvoir survivre au cours des décennies tragiques qu’ils ont traversées.

Les conditions de vie actuelle permettent aux habitant de penser à un avenir meilleur après les temps de la dictature et des guerres. Bien sûr, les baleinières prennent leur place dans le renouveau du bassin du fleuve Congo.

Le temps est venu, pensent Patrick et ses amis professionnels et marins du fleuve, de susciter une nouvelle métamorphose de cette embarcation, de métisser à nouveau sa construction, la sécuriser, avec l’apport de savoirs-faire ancestraux transmis des charpentiers de marine en bois du Nord Cotentin...

C’est ainsi qu’il est passé de l’investigation à l’action, en mettant au point un programme de renforcement des capacités des constructeurs des baleinières du Fleuve Congo.

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